Comment la pêche contribue à la sécurité alimentaire mondiale

La pêche occupe une place fondamentale dans l’écosystème alimentaire mondial. Par ses apports en protéines de haute qualité, elle participe à la lutte contre la malnutrition et soutient des millions de foyers, notamment dans les pays côtiers. L’exploitation des ressources halieutiques, qu’elle soit industrielle ou artisanale, doit néanmoins s’adapter aux enjeux de durabilité, de biodiversité et de gouvernance pour préserver les stocks et garantir un accès équitable aux produits de la mer.

Le rôle clé des produits de la mer dans la nutrition mondiale

Les poissons, crustacés et mollusques représentent plus de 17 % de l’apport protéique animal consommé par l’humanité. Ils fournissent également des acides gras oméga-3, des vitamines et des minéraux essentiels tels que le fer, le zinc et l’iode. Dans de nombreuses régions en développement, la consommation de poissons constitue une source vitale de nutriments pour les populations vulnérables, y compris les enfants et les femmes enceintes.

  • Poissons gras (saumon, maquereau) : riches en acides gras bénéfiques pour la santé cardiovasculaire.
  • Petits poissons consommés entiers (sardines, anchois) : apport important en calcium et en vitamines D.
  • Coquillages et crustacés : sources de protéines et d’oligo-éléments.

Au-delà de l’alimentation directe, la pêche soutient une filière économique qui génère des emplois dans la transformation, la distribution et la vente au détail. Cette activité est souvent indissociable de la culture locale et de la sécurité économique des communautés côtières.

Les menaces pesant sur les écosystèmes marins et les populations de poissons

La surexploitation des stocks, la pollution et les effets du changement climatique fragilisent durablement les ressources halieutiques :

  • La surpêche réduit les populations les plus prisées, dérègle les chaînes trophiques et diminue la résilience des écosystèmes.
  • La dégradation des habitats marins (récifs coralliens, herbiers, mangroves) compromet les zones de reproduction et de nourrissage des juvéniles.
  • Le réchauffement des océans modifie la répartition des espèces et accroît la fréquence des événements climatiques extrêmes.
  • Les polluants (plastiques, métaux lourds) s’accumulent dans la chaîne alimentaire, affectant la qualité nutritionnelle et la santé des consommateurs.
  • L’acidification des océans menace la calcification des coquilles et des squelettes, réduisant la diversité biologique.

Ces pressions combinées placent près de 34 % des stocks mondiaux de poissons dans une situation de pêche non durable, selon la FAO. Sans mesures correctives, la disponibilité des ressources halieutiques pourrait chuter de façon dramatique d’ici 2050, compromettant la sécurité alimentaire de nombreuses populations.

Stratégies de gestion durable et innovations technologiques

Pour inverser la tendance, divers leviers sont mobilisés par les États, les organisations internationales et les acteurs de la pêche :

  • La mise en place de quotas et de zones de pêche réglementées permet de limiter la pression sur les stocks.
  • Les techniques sélectives (filets à mailles adaptées, dispositifs d’échappement des juvéniles) réduisent les prises accessoires.
  • Les systèmes de surveillance par satellites et drones renforcent le contrôle des activités illégales et la traçabilité.
  • L’aquaculture durable, intégrée aux systèmes agricoles, offre une production complémentaire tout en préservant les milieux naturels.
  • Les labels de pêche responsable (MSC, ASC) encouragent les pratiques respectueuses de l’environnement et favorisent le marché pour les consommateurs éclairés.

Parallèlement, la recherche scientifique explore de nouvelles approches telles que la restauration des habitats, l’utilisation de biofilms pour la reproduction et l’élevage de microalgues comme alimentation pour les larves. Ces innovations contribuent à accroître la résilience des écosystèmes et la productivité des filières.

Perspectives pour renforcer la résilience et l’équité

Assurer une contribution durable de la pêche à la sécurité alimentaire implique de promouvoir une gouvernance inclusive et de soutenir la pêche artisanale. Cette forme de pêche, souvent pratiquée à petite échelle, est essentielle pour :

  • Maintenir les savoir-faire traditionnels et les modes de vie côtiers.
  • Garantir un revenu régulier à des millions de petits pêcheurs.
  • Favoriser une distribution locale des produits, réduisant ainsi l’empreinte carbone liée au transport.

Le renforcement des capacités, la mise en réseau des coopératives et l’accès aux financements verts sont des éléments clés pour améliorer les pratiques et la résilience face aux chocs climatiques et économiques. En favorisant la coopération internationale et le respect des droits des communautés, il est possible d’instaurer un équilibre entre exploitation des ressources et préservation de l’environnement marin, garantissant ainsi un avenir durable pour la pêche et la sécurité alimentaire mondiale.